30/03/2022 – 4min de lecture

Romane, étudiante vétérinaire en Italie nous parle de ses études. Quelles différences avec une école vétérinaire en France ? Comment est la vie là-bas ? Elle répond à vos questions.

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Salut Romane, peux-tu te présenter ?

Je m’appelle Romane, j’ai 24 ans et je viens de la région Parisienne. Après un BAC S, je me suis orientée vers la classe préparatoire BCPST pour passer le concours véto. N’ayant pas réussi et n’ayant eu aucune envie de cuber, j’ai décidé de retenter le coup par la fac. Ce n’est pas passé loin, mais c’était encore un échec. Comme je ne me voyais pas faire un autre métier et que le nombre de tentatives en France est limité à 2, j’ai décidé de tenter le coup à l’étranger.

Je suis actuellement en 2ème année à l’université de Pise en Médecine Vétérinaire. Il y a deux directions qui me plaisent beaucoup pour l’instant, faire de l’équine ou me spécialiser en anesthésie et algologie (traitement de la douleur). Mes futurs stages m’aideront à faire un choix !

Parle-nous de ton école !

Mon école se trouve près du centre-ville de Pise en Toscane. Il y a relativement peu d’étudiants étrangers, au maximum 3 par promotion, et plusieurs français. L’Italie ne compte pas moins de 13 universités proposant la Médecine Vétérinaire, les principales étant Pérouse, Bologne, Pise, Padoue, Milan, Turin, Naples… J’ai choisi Pise car c’est une petite ville étudiante avec un bon cadre de vie et un aéroport avec des vols directs pour Paris, en plus du fait que c’est une université bien notée.

Les professeurs y sont super sympas et disponibles à tout instant, ils accueillent volontiers les étudiants étrangers et sont cléments face aux fautes de langue… Après tout, ils savent que c’est une difficulté supplémentaire pour nous !

“A peine quelques jours après la rentrée, nous avions déjà un groupe WhatsApp d’entraide où tout le monde aide tout le monde, il se crée une vraie cohésion au sein de la promo”

Pourquoi avoir choisi l’Italie ?

J’ai de la famille italienne, et j’y suis allée régulièrement les étés durant mon enfance, ce qui fait que j’avais quelques bases de la langue. J’ai choisi d’y étudier car les Italiens sont des personnes très chaleureuses et ouvertes, l’ambiance entre étudiants est vraiment bonne et le mode de vie me plaisait beaucoup.

Les étudiants italiens se comportent normalement avec nous autres étrangers, ils sont patients avec nos erreurs et ils forment des groupes soudés. A peine quelques jours après la rentrée, nous avions déjà un groupe WhatsApp d’entraide où tout le monde aide tout le monde, il se crée une vraie cohésion au sein de la promo.

Quelles sont les différences avec la France ?

Même si nous apprenons les mêmes choses que les autres étudiants européens, les méthodes scolaires en France et en Italie sont extrêmement différentes. Moi qui étais habituée à un contrôle continu, puis au système de l’université française avec des partiels tous les 6 mois, je me suis retrouvée perdue au début. En Italie, ce sont les élèves qui choisissent quand passer leurs examens. Chaque semestre nous avons environ 5/6 matières ; à partir de la fin du semestre, les professeurs proposent une date par mois aux étudiants pour qu’ils passent leurs examens. Par exemple : le premier semestre termine mi-décembre, je peux choisir de passer la matière A directement dès la fin des cours et la matière B en janvier, ou en février, ou en avril… C’est à nous de définir notre stratégie. Si nous échouons la première fois, on peut se réinscrire à notre convenance à n’importe quelle autre date.

Cette liberté est assez perturbante mais elle nous permet de nous autogérer. Vous n’êtes pas obligé d’avoir passé toutes les matières de première année pour passer en deuxième, mais plus le retard s’accumule, plus ça sera difficile de terminer en 5 ans. Ce système nous permet d’avancer à notre rythme.

Concernant la pratique, nous commençons en 4ème année à l’hôpital universitaire vétérinaire en chirurgie clinique et médicale, en obstétrique et gynécologie. Nous réaliserons aussi des gardes en soins intensifs pour animaux de ferme, équidés et mammifères…

Un point intéressant à nous partager ?

Les études vétérinaires italiennes sont peut-être plus théoriques que celles d’autres pays, même si on commence les stages comme tout le monde en 4ème année. L’avantage des études vétérinaires italiennes, c’est que dans la majorité des universités on peut s’arranger pour faire des stages durant l’année. En effet, hormis en 1ere année, les étudiants disposent d’un arrêt des leçons d’une durée de 2 mois à Noël (de mi-décembre à mi-février) et terminent les cours début juin. Si on choisit de passer des examens dès la fin du semestre et juste avant la reprise, ça laisse le mois de janvier libre pour des stages, et ce tous les ans, en plus de l’été. J’en profite moi-même pour travailler dans une grande structure vétérinaire, ça permet d’accumuler de l’expérience !

Concernant mon université à Pise, elle est en lien avec un hôpital vétérinaire, un élevage laitier et un élevage de vaches à viande, et possède de nombreux chevaux et ânes pour les travaux pratiques. Étant une petite ville entourée de campagne, cela facilite les choses. 

Dernier point, les professeurs font régulièrement appel à des anciens étudiants pour qu’ils nous fassent cours, quand leur travail est en lien avec nos leçons. Par exemple, cette année pendant les cours de physiologie, nous avons eu des conférences poussées sur les équidés, les mammifères marins et les reptiles.

Finalement, conseillerais-tu l’Italie ?

Oui, je conseillerais l’Italie aux étudiants qui, comme moi, n’ont pas trouvé leur bonheur en France ou à qui étudier à l’étranger plairait. La vie en Italie est plaisante, le déroulé des études est pratique et les italiens sont super sympas ! 

Le seul inconvénient serait bien sûr, la langue. L’immense majorité des cours sont en italien, avec parfois quelques diaporamas en anglais basique. Des bases solides sont nécessaires pour passer le concours, et par la suite le fait d’être immergé dans la langue fera le reste. Cependant, l‘italien est une langue relativement simple à apprendre.

Le coût de la vie est le même qu’en France, mais les restaurants sont moins chers, le climat est doux et si vous aimez la culture italienne, vous serez servi !

En avantages, je vois tout d’abord le concours d’entrée : il s’agit d’un concours d’1h40 sous forme de QCM, constitué de 60 questions sur la Biologie, Chimie, Physique/Mathématiques et Raisonnement logique/Culture générale, niveau lycée. Ensuite, les études vétérinaires italiennes étant assez réputées, trouver un stage est relativement facile.

Autre avantage : le prix ! Les études se déroulant dans une université publique et non une école, elles coûtent entre 1000 et 3000€ par an, sur 5 ans, et il existe des bourses ou des financements.

Des questions ? Posez-les en commentaire !

4 Commentaires

  1. Anonyme

    J’apprécie cette description si détaillée et j’espère que la suite des études se poursuivront toujours dans cette parfaite ambiance . Mamie .

    Réponse
  2. Marc

    Merci beaucoup pour nous faire partager votre expérience avec autant d’enthousiasme !
    Je vous souhaite le meilleur dans vos études !

    Réponse
  3. Emilie

    Merci pour l’article. Combien d’étudiants passent le concours et quel est le pourcentage qui intègrent ? Merci beaucoup

    Réponse
    • Romane

      Bonjour !
      Cela dépend des années, en moyenne il y a environ 11 000 étudiants qui s’inscrivent chaque année, pour environ 880 places disponibles. A savoir que beaucoup d’étudiants passent aussi le test de Médecine et donc libèrent des places au fur et à mesure; de même, beaucoup d’étudiants ne se présentent pas le jour J ou n’obtiennent pas le score minimal pour être admis dans le classement (qui est de 20 points). Au final, entre 3000 et 5000 étudiants obtiennent les 20 points nécessaires et peuvent être admis.

      Réponse

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